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L’année
1936 fait partie des grands moments de l’histoire
populaire française. Elle est le point de départ
des dix années (1936-1946) qui installent le «
modèle social français ».
Avant 1936, la condition ouvrière est précaire,
le droit social incomplet. La République tourne
en rond, dans une société qui hésite
entre immobilisme et modernité. En 1946, au contraire,
le statut ouvrier est stabilisé. L’État
protège les démunis, corrige certaines inégalités
et les nationalisations font de lui un acteur économique
majeur. Le monde ouvrier, rejeté avant 1936, est
enfin reconnu. La France s’industrialise et s’urbanise,
rajeunit sa population, transforme son visage.
L’année 1936 donne l’impulsion décisive
à cette mutation. Année d’une victoire
éclatante de la gauche, des partis rassemblés
au sein du Front populaire. Année de la plus grande
grève qu’ait connu l’histoire française,
avant celle de 1968. La fin du malheur ? En 1936, on rêve
d’un monde meilleur. Le peuple danse dans les usines
occupées. Grâce aux congés payés,
il part à la découverte d’un pays
qui était le sien mais qui lui restait étranger.
C’est cette vitalité populaire qui est au
cœur de l’exposition. Sans oublier que la joie
n’est, hélas, pas loin du malheur. Pendant
que des gamins de Paris s’égaillent sur les
plages, les nuages s’accumulent aux frontières.
La guerre s’approche, ensanglante l’Espagne.
Le fascisme menace l’Europe. Mais au bout du compte,
l’espoir enraciné du Front populaire saura
déchirer les ténèbres. |
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