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Été
1936 : le peuple serait-il enfin roi ? En tout
cas, il est en fête. Avec les congés payés
et les billets à tarifs réduits, à
vélo ou en train, des centaines de milliers d'ouvriers
sillonnent la France. Les sports et les loisirs deviennent
une responsabilité publique avec Léo Lagrange.
Les auberges de jeunesse, les fédérations
sportives populaires, les Maisons de la culture permettent
aux plus modestes d'accéder à des horizons
qui leur étaient fermés. Le syndicalisme
prend son envol. La CGT de Léon Jouhaux et de Benoît
Frachon passe de 800 000 à 4 millions d’adhérents
en quelques mois ! Les associations de tous types se multiplient,
tandis que l'action municipale dans la « banlieue
rouge » aménage peu à peu ce que,
peu de temps avant, on appelait le Far West. |
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Les
habitués des plages bourgeoises de Normandie accueillent
parfois avec circonspection les nouveaux arrivants, venus
des quartiers populaires et des banlieues ouvrières.
Certains s’indignent même de la présence
des « salopards à casquette » ! Mais
l’été 1936 n’en constituera
pas moins les prémices du tourisme de masse. Ce
tourisme reste modeste. Le déplacement se fait
à vélo, en tandem ou en train. L’automobile
viendra beaucoup plus tard… Quant au logement, il
reste précaire : la simple tente, la « canadienne
» fait désormais partie du paysage estival.
Qu’importe pourtant la modestie du toit puisqu’il
est choisi, symbole de la liberté conquise. Issue
du monde rural mais cantonnée dans ses ghettos
urbains, la classe ouvrière retrouve ses racines,
en même temps que sa dignité |
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